Un pot de basilic sur le rebord de la fenêtre, de la lavande devant la sellerie, de la menthe autour de la terrasse : ces plantes ont la réputation d’éloigner les mouches et les moustiques. Les mesures disponibles sont rares, et elles ne portent pas sur ces plantes-là. Voici ce qui a été démontré, ce qui ne l’a pas été, et comment placer des plantes sans compter sur elles pour régler un problème d’insectes.
Ce qu’une étude a mesuré
L’étude la plus citée a testé des plantes vivantes en pot dans des maisons traditionnelles de l’ouest du Kenya, contre les moustiques du paludisme. Publiée en 2003 dans la revue Tropical Medicine and International Health, elle rapporte :
- un basilic africain, Ocimum americanum, a réduit de 38 % environ les moustiques Anopheles gambiae entrés dans les maisons ;
- le lantanier, Lantana camara, de 27 % environ ;
- aucune plante en pot n’a eu d’effet sur une autre espèce, Anopheles funestus.
Trois enseignements pour vous : l’effet existe pour certaines plantes, il est partiel, et il dépend de l’espèce d’insecte. Les auteurs présentent ces plantes comme un complément de la moustiquaire, pas comme une protection.
Ce qui n’a pas été démontré
- Le basilic commun de cuisine : l’étude porte sur un basilic africain, pas sur celui de votre jardin.
- Les mouches : aucune étude retenue ne mesure l’effet d’une plante en pot sur la mouche domestique ou sur les mouches de l’écurie.
- La lavande et la menthe : aucune mesure retenue sur des plantes vivantes.
Pas de mesure ne veut pas dire pas d’effet. Cela veut dire que personne ne sait, et qu’un pot de basilic ne remplace aucune des mesures qui marchent.
Les huiles essentielles : un autre sujet
Une huile essentielle n’est pas une plante en pot. Le Haut Conseil de la santé publique classe les huiles essentielles parmi les moyens à ne pas utiliser pour se protéger des piqûres, parce que leur efficacité n’est pas démontrée contre les maladies. Pour le cheval, notre article sur les répulsifs contre les mouches fait le point sur les produits.
Où mettre des plantes, si vous en voulez
- Près de la terrasse et des fenêtres, en complément des moustiquaires.
- Jamais dans le pré ni à portée de bouche : demandez à votre vétérinaire si la plante est sans danger pour le cheval avant de la planter près d’un paddock.
- En pot plutôt qu’en pleine terre près de l’écurie, pour garder le contrôle de ce qui pousse.
Ce qui marche, dans l’ordre
- Supprimer les lieux de ponte : fumier, litière humide, déchets, eau stagnante. C’est la méthode de base de la fiche des entomologistes de l’université de Californie.
- Placer des pièges adaptés à chaque insecte, au bon endroit : voir notre guide des pièges pour chevaux.
- Protéger le cheval : masque, chemise, répulsif.
- Ajouter des plantes, si vous aimez ça, sans en attendre de résultat.
Pour l’ail donné au cheval, autre remède naturel, notre article sur l’ail et les mouches trie aussi ce qui est mesuré.
La fiche de référence : Pest Notes: Flies, université de Californie.
Sources : Seyoum et al., Tropical Medicine and International Health, 2003, plantes répulsives en pot dans l’ouest du Kenya · Haut Conseil de la santé publique, Recommandations sanitaires aux voyageurs, juin 2023 · University of California, Pest Notes: Flies, publication 7457. Consultés le 25 octobre 2026.